La diversité des domaines liés à la transition écologique permet à chaque entrepreneur de trouver les axes sur lesquels il peut engager son entreprise pour contribuer, à son niveau, à cette démarche. Toutefois, même si la volonté est là, la transition n’est pas toujours simple à mettre en place, alors comment faire ?
La transition écologique ne se limite pas à la transition énergétique, même si cette question est fondamentale vis-à-vis du réchauffement climatique. Les autres aspects de cette démarche concernent également la gestion des ressources naturelles, la biodiversité, la gestion des déchets, les risques sanitaires… bref, tout ce qui touche à l’environnement au sens large et qui vise à réduire l’empreinte des activités humaines sur la planète pour un développement durable.
Les activités professionnelles sont toutes plus ou moins concernées par l’ensemble des domaines évoqués précédemment. Mais les impacts et les leviers disponibles diffèrent selon le type d’activité. Il faut donc commencer par définir les actions pouvant être mises en œuvre dans son entreprise et les hiérarchiser.
Commencez par des actions relativement simples
La diversité des activités commerciales et artisanales ne permet pas de hiérarchiser universellement les actions. Néanmoins, la réduction de la consommation d’énergie est un objectif commun. Que ce soit en carburant pour les déplacements, en combustible ou électricité pour tout ce qui a trait au chauffage, chacun peut trouver des sources d’économie ou des alternatives. La contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’en sera qu’améliorée.
La gestion des déchets ou des emballages concerne la plupart des entreprises. Moins de volume, plus de recyclables, il existe des moyens de réduire l’empreinte de votre activité sur l’environnement.
Allez-y progressivement
Imaginer que l’on puisse réaliser une transition écologique du jour au lendemain serait une erreur. D’une part, l’adaptation de son entreprise en interne nécessite un certain délai et, d’autre part, il faut sensibiliser et habituer
ses clients et ses fournisseurs à de nouvelles méthodes. Il vous faudra donc fixer des objectifs et des étapes à positionner dans le temps. De plus, la mise en place d’indicateurs vous permettra de mesurer les progressions, de valider la pertinence de vos actions et d’apporter d’éventuels correctifs si nécessaire.
Progresser vers une performance durable : un positionnement aligné avec les référentiels HVE, BIO et MAEC
Le diagnostic carbone constitue aujourd’hui un outil précieux pour comprendre l’empreinte environnementale d’une exploitation ou d’une entreprise. Il ne doit toutefois pas être envisagé comme une démarche isolée ni comme l’unique levier d’amélioration. Sa réalisation nécessite une expertise spécifique, car l’analyse doit couvrir l’ensemble de votre activité et intégrer les impacts en amont comme en aval afin d’appréhender toute la chaîne de valeur.
Selon votre système d’exploitation, vos objectifs et les évolutions que vous envisagez, le diagnostic carbone peut s’articuler avec d’autres référentiels et dispositifs agroécologiques : certification HVE, agriculture biologique, cahiers des charges MAEC, notamment les MAEC de transition agroécologique sur les volets « Bas carbone » et « Autonomie protéique ». Ces démarches sont complémentaires et peuvent contribuer, chacune à leur manière, à renforcer la performance durable, environnementale et économique de votre exploitation. D’autres dispositifs concerne les TPE dans leur ensemble (par exemple le fond chaleur de l’ADEME)
L’enjeu n’est donc pas de se lancer d’emblée dans une démarche carbone, mais de bénéficier d’un conseil personnalisé permettant d’identifier les leviers les plus pertinents pour votre situation. Un accompagnement par un conseiller spécialisé garantit un positionnement cohérent, adapté à votre système actuel et aligné avec vos perspectives d’évolution.
Gardez un œil sur la rentabilité
Opérer une transition écologique au détriment de la rentabilité n’aurait aucun sens.
Le critère de la rentabilité fait partie de la notion de développement durable. C’est pour cela que les indicateurs sont indispensables. Si certaines aides accompagnent la transition, elles doivent compenser provisoirement une perte de rentabilité, mais, à terme, votre système doit redevenir rentable par lui-même.
Un état d’esprit
Prendre le temps de s’informer pour comprendre les enjeux sans a priori idéologique, être prêt à se remettre en question, à bousculer ses habitudes et à accepter les erreurs… voilà les attitudes principales pour réussir
dans la transition écologique !
Thierry Lemaître, économiste
Article issu du magazine Cerfrance « Gérer pour Gagner » Novembre Décembre Janvier 2020/2021 – Retrouvez l’intégralité du magazine dans votre espace client.
