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07 septembre 2020 - Agriculture, Performance & Conseil en stratégie

La stratégie des éleveurs de viande bovine impactée par la crise sanitaire

Le premier semestre 2020 fut riche en évènements pour l’ensemble de la filière bovine.

CERFRANCE Poitou-Charentes croise les résultats économiques de ses adhérents éleveurs avec l’analyse d’une conjoncture chahutée afin de les accompagner dans leurs choix stratégiques.

Une filière qui a su faire preuve d’une forte réactivité

Grâce à l’effort immédiat d’adaptation des opérateurs, les flux d’exportations d’animaux vifs et gras, notamment vers l’Italie, ont perduré malgré les contraintes liées au confinement.

Les abattoirs ont été soumis à une forte pression sanitaire, avec des arrêts brefs de production dus à des cas de Covid-19 au sein des équipes de travail sans conséquence majeure pour la filière.

Les consommateurs veulent davantage de « local »

A travers leurs actes d’achat, les consommateurs ont exprimé l’attente d’une viande produite plus localement. Durant le confinement, les ventes directes ont explosé, avant de se tasser par la suite. Pour certains éleveurs, inscrits dans une stratégie de valorisation des produits, c’est une opportunité à saisir.

La restauration hors-domicile est le débouché de 50% des importations. Est-ce ce que l’acte d’achat « manger local » va s’y appliquer, ce qui accroîtrait les débouchés pour les vaches ?

Une renationalisation de la consommation qui vaut globalement pour l’Europe

Les broutards français engraissés en Italie sont estampillés « viande italienne ». Ainsi, leur demande a été maintenue et en présence d’une offre française réduite par la décapitalisation des cheptels (-5%), les cours ont été globalement reconduits.

Le jeune bovin français se positionne comme une viande complémentaire pour la grande distribution italienne. Pour les prochaines années, au regard de la crise économique pressentie, la concurrence sur les marchés italiens et grecs en sera accrue, rendant déterminantes la connaissance et la maîtrise du coût de production de chacun des élevages.

Au-delà, se pose clairement la question de l’adaptation de la conduite de ces jeunes bovins pour qu’ils puissent en partie être consommés en France.

La valorisation de la viande hachée au cœur du prix des carcasses

La vache « moyenne » est majoritairement valorisée en viande hachée. Durant le confinement, en lien avec la modification du rythme de vie, les achats en supermarchés ont explosé (+30 %), intégrant l’utilisation de morceaux nobles (aloyaux…).

Les éleveurs, représentés au sein de la Fédération Nationale Bovine (FNB), et le gouvernement se sont accordés en vue de l’amélioration du revenu des éleveurs au travers de la hausse du prix de la viande hachée. Une démarche impliquant la grande distribution et les abattoirs est enclenchée et porte d’ores et déjà ses fruits. Sur sept semaines, le cours des vaches a en effet progressé de plus de 30 centimes d’euro au kg de carcasse.

Enjeux environnementaux : une ouverture positive pour les systèmes bovins allaitants ?

La crise sanitaire est passée par là et les problématiques environnementales sont plus que jamais au rang des préoccupations des Français.

Face à de tels enjeux environnementaux, qu’il s’agisse du maintien de la biodiversité ou encore du stockage du carbone, les systèmes bovins allaitants, régulièrement axés sur l’herbe, ont une carte à jouer.

Le cadre de la future PAC post-2020 devrait traduire en soutiens publics les aspirations croissantes des citoyens et contribuables européens.

En ces temps chahutés, Cerfrance Poitou-Charentes se tient aux côtés de ses adhérents dans le cadre d’un conseil nécessairement stratégique, en prise avec les réalités humaines, économiques et structurelles de chaque éleveur.

Baptiste LAMBERT, pour CERFRANCE Poitou-Charentes

Article issu du magazine « La Vienne Rurale » Juillet 2020