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01 octobre 2021 - Expert comptable & Conseil de gestion

Donnez du sens à vos chiffres : décryptage des indicateurs financiers

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Bilan, compte de résultat, soldes intermédiaires de gestion… Autant de documents indispensables à l’analyse de l’entreprise, mais pas toujours faciles à déchiffrer. Pour vous aider, voici une grille de lecture “calée” au plus près de vos interrogations.

L’objectif de l’analyse économique consiste à se donner une représentation claire du fonctionnement de l’entreprise, à identifier ses forces et faiblesses. C’est une étape essentielle de diagnostic, indispensable avant la mise en place d’un plan d’action pour améliorer les performances de l’entreprise. De ce point de vue, la structuration des documents comptables ne facilite pas la lecture. Le simple fait d’éclater la présentation des comptes, avec d’un côté le compte de résultat et, de l’autre, le bilan, peut être un frein. À cela s’ajoute le fait que ces documents répondent à des logiques différentes. Le compte de résultat est construit sur des notions qui sont calculées, comme les produits et les charges, alors que le bilan raisonne en termes de stocks d’immobilisation, de dettes… Dans ces conditions, il apparaît difficile pour un non-initié de comprendre comment on passe du chiffre d’affaires au solde bancaire ou
comment se construit la rentabilité de l’activité.

La mise en place d’un tableau de flux permet de développer une vision synthétique du fonctionnement de l’entreprise en mettant bout à bout les deux composantes de sa performance, à savoir sa capacité à être rentable et la gestion de trésorerie. Le tableau de flux financiers doit répondre à la question essentielle que se pose un chef d’entreprise : est-ce que ma rentabilité est suffisante
pour garantir la solvabilité de l’entreprise ?

Mesurer la rentabilité

La première étape de l’analyse consiste à vérifier la capacité de l’entreprise à couvrir ses dépenses courantes. Cette démarche repose sur trois indicateurs :

  1. Le chiffre d’affaires, qui est forcément le point de départ de l’analyse. Aucune entreprise n’existe sans chiffre d’affaires, d’où l’importance d’apprécier son évolution et sa structure : nombre de clients, nature des prestations vendues, prix de vente, panier moyen ou facture moyenne… Toutefois, cet indicateur n’a de sens que s’il est mis en relation avec la marge et l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE).
  2. La marge, qui traduit les conditions de mise en œuvre des prestations de service ou de vente de marchandises. Analyser la marge, c’est notamment s’interroger sur la valorisation des heures de travail, sur l’application du coefficient de marge, sur les pertes de matières premières ou la politique d’achat de l’entreprise. Comparer le taux de marge avec la moyenne professionnelle situera l’entreprise par rapport à son secteur d’activité, de même que le ratio marge/masse salariale permettra de mesurer l’efficacité du travail réalisé. Et pour être plus pertinent, cet indicateur sera combiné avec l’EBE.
  3. L’EBE quant à lui, correspond à la différence entre la marge et les charges courantes (assurances, loyers…). Un EBE négatif signifie que le volume d’activité ou la marge ne permettent pas de couvrir les charges du quotidien. Un taux de marge élevé ou conforme à la moyenne professionnelle n’est pas garant d’une structure financière saine et équilibrée. Un taux de marge de 70 % peut être insuffisant si le volume de chiffre d’affaires ne permet pas de faire face à l’ensemble des charges courantes. Dans la plupart des entreprises artisanales et commerciales, les charges sont assez réduites donc peu compressibles. Développer ou améliorer la rentabilité passe nécessairement par l’augmentation de la marge et/ou du volume d’activité.

Analyser votre politique d’investissement

Deuxième étape, veiller à ce que la rentabilité soit suffisante pour assurer son autonomie économique. Autrement dit,
le fonctionnement courant de l’entreprise doit dégager suffisamment d’Excédent Brut d’Exploitation pour :

  • rémunérer le travail du dirigeant ;
  • rembourser les emprunts souscrits ;
  • auto-financer tout ou partie des investissements.

En la matière, une bonne gestion des investissements peut améliorer ce critère d’autonomie. Les investissements
doivent être utiles, rentables et judicieusement financés. Un recours massif à l’auto-financement pourrait s’avérer préjudiciable s’il devait se traduire par une consommation excessive de trésorerie. À l’inverse, le recours à l’emprunt doit être raisonné en fonction de la capacité de remboursement de l’entreprise.

Comprendre vos habitudes de gestion

Une bonne rentabilité ne suffit pas nécessairement à assurer la solvabilité, encore faut-il que l’argent soit dans les caisses de l’entreprise. L’analyse ne peut pas faire abstraction des modalités de gestion du besoin en fonds de roulement.

Il n’est pas rare de voir des entreprises rentables, avec une politique d’investissement maîtrisée, enchaîner les découverts bancaires. La solution passe souvent par une remise en cause des pratiques de gestion : demander un acompte à la signature du devis, réaliser des factures régulièrement, gérer les relances, effectuer un véritable suivi des stocks… autant d’habitudes qui peuvent être difficiles à modifier.

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Mesurer la marge de sécurité de votre entreprise

Cela peut paraître étrange mais afficher un solde bancaire positif ne signifie pas que l’entreprise dispose d’une vraie trésorerie. De ce point de vue, la notion de solvabilité à court terme apportera une précieuse indication sur la réalité de sa situation.

En effet, si les sommes réalisables et disponibles (voir tableaux ci-contre) sont inférieures aux dettes d’exploitation, cela signifie que l’entreprise paye ses fournisseurs à 30 jours sur le mode de la carte bleue à débit différé.

Ce cas de figure se retrouve, par exemple en période de pandémie, chez un commerçant qui dégage une faible rentabilité mais dispose d’une trésorerie positive compte tenu du fait qu’il encaisse immédiatement. Si l’activité venait à ralentir, comme par exemple pendant le confinement, la trésorerie risquerait de passer rapidement du vert au rouge.

À l’inverse, une trésorerie nette positive indique que l’entreprise dispose d’un “matelas” lui permettant de faire face à d’éventuels soubresauts de l’activité.

Le ratio trésorerie nette/charges fixes permettra de mesurer combien de mois de charges fixes peuvent être couverts par la trésorerie nette en cas de perte d’activité.







Serge Thomas, conseiller d’entreprise

Article issu du magazine Cerfrance « Gérer pour Gagner » Mai Juin Juillet 2021 – Retrouvez l’intégralité du magazine dans votre espace client.