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13 juillet 2021 - Agriculture, Patrimoine & Conseil financier

Épargne de précaution

L’épargne de précaution est une somme d’argent mise de côté pour faire face aux imprévus ou aux aléas. Elle sera indispensable en cas de coup dur, encore faut-il l’avoir bien calculée en amont ! Mode d’emploi ci-dessous.

L’entreprise, premier assureur de l’entreprise

L’activité agricole est, par nature, exposée à des risques : sécheresse, gel, grêle, problème sanitaire, fluctuation des cours mondiaux, etc. Même si des aides publiques ou des assurances spécifiques peuvent exister, la première protection consiste à pouvoir survivre
en puisant dans ses propres réserves financières.

Que doit couvrir l’épargne de précaution ?

D’une manière générale, une partie des :

  • Charges de fonctionnement incompressibles,
  • Échéances d’emprunts,
  • Imprévus (réparation, remplacement de matériels…),
  • Conséquences d’un arrêt maladie,
  • Revenus personnels si vous ne disposez pas de revenus de remplacement suffisants.

Comment la calibrer ?

La saisonnalité des récoltes ou des ventes d’animaux implique des périodes où le financement du cycle d’exploitation mobilise de la trésorerie. L’entreprise agricole a aussi besoin d’une marge de sécurité pour se prémunir d’une mauvaise année.

En effet, bonne ou mauvaise récolte, certaines dépenses perdureront : fermages, entretien du matériel, aliments du bétail, annuités d’emprunts, etc. C’est surtout à elles qu’il faut penser : comment les assumer si une mauvaise année ne permet pas de les payer intégralement ?

Comment la constituer ?

En premier lieu, l’activité doit être rentable et dégager des excédents de trésorerie. Il faut ensuite définir l’objectif
à atteindre : à partir de quelle somme d’argent considère-t-on être en sécurité ? Puis se donner le temps de l’atteindre. Par exemple, une exploitation capable de mettre 10 000 € de côté tous les ans après avoir payé tous ses frais peut étaler sur cinq ans l’effort
d’épargne permettant d’atteindre une enveloppe de 50 000 € qu’elle aura jugée suffisante.

Cette épargne devant être mobilisable à tout moment, mieux vaut privilégier des supports bancaires rapidement disponibles et peu exposés au risque de perte de valeur.

Cas pratique d’une exploitation céréalière qui produit du blé, de l’orge, du colza et du maïs irrigué.

Ses dépenses annuelles courantes sont :

  • Intrants et carburants : 90 k€
  • Charges fixes (fermages, assurances, entretien…) : 100 k€
  • Charges de personnel : 40 k€
  • Annuités d’emprunts : 80 k€
  • Total : 310 k€ par an

Vu les rendements, prix de vente moyens et aides PAC des dernières années, elle encaisse habituellement 350 k€ par an. La sécheresse de 2020 s’est cependant traduite par une baisse de rendement de 50 q/ha en maïs. Sur 80 ha cultivés, ce fut un
manque à gagner de 56 k€ et un déficit de 16 k€.

Disposant de 50 k€ d’épargne de précaution, l’exploitation céréalière peut passer le cap mais il ne lui reste désormais que 34 k€ d’avance. Et c’est bien ce qui inquiète l’exploitant : “Les années sont de plus en plus sèches et les cultures souffrent sur des périodes de plus en plus longues. À ce rythme-là, je devrai bientôt imaginer d’autres productions sinon dans deux ans j’aurai consommé toutes mes réserves !”

Une somme qui semblait confortable et qui pourrait disparaître en trois ans. Un système d’exploitation ne se change pas chaque année, aussi c’est en nombre de campagnes qu’il peut être judicieux de compter : pendant combien d’années devez-vous pouvoir vivre avant de réorienter l’exploitation ?

Emmanuel Grange, conseiller d’entreprise

Article issu du magazine Cerfrance « Gérer pour Gagner » Février Mars Avril 2021 – Retrouvez l’intégralité du magazine dans votre espace client.